Timestranger
22 avril 2012
Des diplômes impertinents
J'ai étudié en études littéraires françaises, à l'Université du Québec à Chicoutimi. Bien que je ne regrette pas de l'avoir fait - mon baccalauréat m'a beaucoup appris, je crois qu'il ne me sert pas comme il devrait.
En effet, bien qu'il soit écrit, dans la description de mon diplôme, que je peux travailler en tant qu'agent de communication ou en tant que professionnelle de la rédaction, mon employeur, le gouvernement, me refuse ces avenues. On me les refuse parce que je n'ai pas le bon baccalauréat. Soit, je n'ai pas le baccalauréat en communication. Cependant, peut-être est-ce que je pourrais être reconnue en tant que technicienne pouvant procéder à la correction de documents..? Ça aussi, le gouvernement me le refuse. Je n'ai pas le bon D.E.C. ou plutôt, j'ai fait un D.E.C. pour lequel on m'accorde deux années pertinentes et il m'en manque une qui ne peut être compensée par un diplôme supérieur.
Là se trouve toute la logique de l'administration publique. J'ai un diplôme universitaire dans le même domaine que celui de mon diplôme d'études collégiales et on ne le reconnaît pas. Il n'est pas dans la liste.
Voilà donc pourquoi je suis secrétaire, incapable de passer un concours autre que ceux qui demandent un secondaire cinq. Mon diplôme d'études professionnelles ne me donne même pas le droit à une année d'expérience en secrétariat. Il n'est pas requis. Un secondaire cinq suffit.
Et après ça, ils se demandent pourquoi ils ont tant de misère à recruter des gens compétents. Avec autant de bâtons dans les roues, ce n'est pas facile d'avancer.
Heureusement, je suis bien où je suis. Je suis bien dans ce que je fais. Un jour, je changerai. Peut-être. Si l'envie de retourner aux études me reprend! ;)
11 mars 2012
Otite, sinusite et sushi
Ça fait déjà quelques temps que j'ai écrit ici, faute de sujets! Cependant, cette semaine n'a pas été de tout repos et je dois dire que de sinistres maladies ont mis de l'ombre, cette semaine, sur mon bonheur sans fin...ou presque! Me voilà donc malade, victime d'une sinusite qui a, à son tour, engendré une otite plus que douloureuse. Heureusement, les médicaments aidant, je commence un tout petit peu à aller mieux!
Pour me consoler, mon amoureux a fait un gros ménage de notre appartement, m'a cuisiné des plats, m'a emmené à l'extérieur prendre l'air, m'a traîné et consolé dès que mon sourire se transformait en grimace de douleur. Je vous ai déjà dit que j'avais marié un ange? Eh bien, j'en ai eu la preuve en fin de semaine!
Au cours de cette fin de semaine tranquille, mon amoureux m'a proposé de cuisiner des sushi, ce que nous avons fait le dimanche, en fin de compte. Je dois dire que je suis assez fière de nos nouvelles techniques acquis au cours des nombreux échecs. Échecs qui reçurent le nom de sushi monster, d'ailleurs.
Aujourd'hui cependant, nous étions au sommet de notre forme, comme en témoigne les photos prises. Nos sushis étaient beaux en plus d'être bons! Il y a de quoi être fière...
21 février 2012
Déménagement et changements
Éric et moi allons déménager le 1er juillet prochain. Ouf! Nous qui ne voulions plus déménager un 1er juillet, nous y voilà encore! Cependant, nous le faisons pour de bonnes raisons. En effet, le tapis de notre appartement, en plus de nous ruiner en aspirateurs qui se brisent tous les uns à la suite des autres, nous donnaient de grosses allergies. Puis, vivre dans un demi sous-sol a quelques inconvénients. Par exemple, l'absence de balcon ou l'absence de lumière. Ou alors, une vue imprenable sur le stationnement, sans compter un éclairage gratuit par les lumières d'automobiles la nuit!
Hé oui, nous allons déménager au dernier étage, nous n'aurons donc plus de voisins qui nous marchent sur la tête, mais nous aurons en revanche un balcon, un plancher de bois en prime et du soleil.
Ceci dit, en voulant déménager, nous avons résolu, Éric et moi, d'avoir de meilleures habitudes de rangement. Aussi, depuis quelques semaines, nous classons nos choses et nous efforçons de tout garder en ordre dans l'appartement, histoire d'avoir déjà de bonnes habitudes lorsque nous habiterons notre nouvel appartement. Celui-là devrait être un appartement que nous garderons un peu plus longtemps...
Une autre bonne habitude à prendre... mettre à jour ce blogue plus d'une fois par année! ET voilà, c'est fait! ;)
12 janvier 2012
Voyage au Japon
Ces temps-ci, je poste davantage sur mon blog de voyage. En effet, j'y pense assez souvent. C'est le cas également pour Éric qui pratique assez régulièrement son japonais. La preuve, nous nous écrivons des mots d'amour en japonais sur les bras!
05 novembre 2011
L'écriture japonaise et moi
J'ai commencé récemment à apprendre le japonais. Pourquoi? Pour aller au Japon, pardi!
Au début, je ne voulais pas apprendre les kanas, ni les kanjis. Selon moi, ce n'était que des ramassis de traits, des taches d'encre... Bref, ces caractères n'avaient rien d'un alphabet! Seulement, en voyant mon chéri apprendre ces curieux symboles, j'ai été curieuse. Sans que je ne m'en rende vraiment compte, le désir de pouvoir lire en japonais s'était insinué en moi!
Mon opinion a-t-elle changé? Pas vraiment... Bien que je les reconnaisse visuellement, en général, ces petites bêtes noires m'échappent toujours un peu.
Malgré tout, je ne suis pas découragée. Pas encore! Parce que j'ai envie d'apprendre et parce que de voir, qu'encore aujourd'hui, je suis capable d'apprendre aussi vite, ça me réconforte.
がんばって!
19 octobre 2011
Ce que je veux le plus
Mais comme il n'y a rien d'infini, peut-être que c'est une sorte de pulsion auto-destructrice qui nous pousse à toujours vouloir posséder et désirer davantage.
Selon les standards, il faudrait que j'ai un enfant avant trente ans, une maison, deux autos, trois quand mon enfant sera grand, une grosse télévision 3D, une chaîne stéréo et ça, en me payant deux-trois voyages par année. C'est sans compter qu'il faut être à la mode pour plaire aux goûts de tout le monde, avoir les cheveux parfaits, avoir un visage parfait et surtout pas de lunettes. Autant dire que j'ai besoin d'une chirurgie complète, tant au niveau de ma vie, qu'au niveau de mon physique.
Euh... Impossible pour moi. Pourquoi?
Parce que je n'ai pas les moyens, mais aussi parce que ça me dérange un peu de devoir rentrer dans le moule. Alors voilà, au lieu de me payer un voyage dans le sud pour mon voyage de noce, je suis allée à Montréal. Au lieu de m'habiller avec des marques et d'essayer de suivre ce qui est in, je porte ce que je veux. Au lieu d'avoir deux autos, je prends l'autobus et je croise souvent des collègues très sympathiques. Au lieu d'être maquillée et bien mise, je me lève tard, j'enfile en vitesse des vêtements propres, je mange et je pars. Et oui...je prends le temps de dormir!! Je me couche tôt, d'ailleurs, et j'aime ça.
Et puis... au lieu de tourner autour du pot en allant un peu partout, j'ai décidé de faire mon voyage de rêve : aller au Japon.
Me voici donc rendu à cette réflexion : au lieu de vouloir tout avoir, je fais des choix et je me donne le droit d'avoir ce que je veux le plus...
- un voyage au japon et
- un enfant...
On verra bien ce que j'aurai en premier...en attendant, sayonara!!!
05 octobre 2011
La mort...
Avant, c'était pire. J'étais toujours vide, j'avais toujours soif. La vie n'avait pas vraiment d'importance pour moi. Je vivais, c'est tout. Je me levais le matin, je me couchais le soir et entre les deux, je survivais.
Depuis que je connais Éric, j'ai changé. Je suis devenue moi, avec son appui. J'ai déployé mes ailes, j'ai appris à m'exprimer, à ne plus avoir peur du regard des autres.
Maintenant, j'ai le goût d'être un ange pour ceux que j'aime, pour tous, aussi, peut-être.
C'est pourquoi, chaque fois que j'entends à la télévision, ou tout près de moi, qu'une vie s'est éteinte, je prie pour que tout se passe bien pour les personnes qui restent.
26 mai 2011
Jour de congé
Parfois, mais pas souvent, Émilie reste à la maison. Dans ces cas-là, elle reste en pyjama jusqu’à tard dans la journée. Puis parfois aussi, après s’être levée pour déjeuner, elle se dirige à nouveau vers la chambre en marchant comme un zombie. Comment je sais c’est quoi un zombie, vous vous demandez ? Eh bien c’est que j’ai écouté un film avec mes maîtres, où il y en avait des tas. La seule différence entre Émilie et un vrai zombie quand elle reste à la maison, c’est qu’elle ne se met pas à tuer les gens. Parce que pour le reste, le teint, la démarche et puis la lenteur, c’est à peu près pareil.
Mais en tout cas, parfois Émilie reste à la maison et retourne se coucher, bon. Moi je sais que c’est quand elle ne va pas trop bien qu’elle fait ça parce qu’elle ne ferait jamais ça juste pour rester avec moi ou Athéna. Elle ne nous aime pas autant que JE l’aime, après tout.
Mais dans ces moments-là, moi j’aime bien l’accompagner en trottinant derrière elle. Sauf que souvent je la dépasse parce qu’elle est si lente et qu’elle marche comme un zombie, vous voyez.
Alors je me rends à la chambre en premier et je m’installe sur la couverture en l’attendant. Quand elle prend place dans le lit, elle se couvre, me caresse un peu, puis ferme les yeux en marmonnant.
- Je t’aime Émilie, t’es la meilleure maîtresse du monde même si je n’en ai jamais connu d’autre sauf la maman d’Éric qui a trop d’animaux pour que je l’aime, je ronronne tout haut.
- Tu ronronnes vraiment fort, Garouk, souffle Émilie en riant à chaque fois.
Elle glisse ses doigts sous mon cou et je ronronne plus fort. Puis je me lève, je change de position, je me couche sur les jambes d’Émilie. Pendant quelques secondes je reste là. Ses jambes sont chaudes… Je ferme les yeux.
- Je suis bien, je miaule doucement.
C’est à ce moment-là que le bal commence. Émilie n’est jamais bien du premier coup dans un lit alors elle bouge. Ce sont les pieds qui se meuvent en premier. Du coup, moi j’écope et je me relève pour m’éloigner un peu des jambes et me rapprocher un peu d’Émilie. Pas dans le bon sens, il paraît, car Émilie lâche en riant et en me repoussant :
- Je ne veux rien savoir de tes fesses, Garouk !
J’aime bien le rire de ma petite maîtresse et si ce n’était pas qu’elle me repousse un peu, je resterais comme ça pour l’entendre glousser plus longtemps. Mais je ne peux pas. Alors je me tourne, je pose ma tête sur son visage. Elle rit encore, me dit que ça chatouille, mais elle ne me repousse pas. Je me frotte encore la tête sur son visage.
- J’T’AIMMMMMMMMMMEEEEEEEEE….
- Moi aussi, je t’aime, Garouk… Mais je ne peux plus respirer, mon chat !
Alors elle me repousse. Non ! C’est injuste ! Je me replis plus loin. Pas à côté des jambes qui bougent, ni à côté du visage qui étouffe. Ouf. Contre ses bras, ça devrait être mieux. Oui. Je m’installe en mettant ma tête sur ces derniers qui sont croisés tout près de sa poitrine. Je sens de la chaleur encore. Je m’installe. Je tourne. Dans ce sens ? Non, plutôt comme ça… Je devrais peut-être essayer de me coucher contre le dos d’Émilie ? Oh… Elle tourne de bord. Je vais avoir son dos près de moi. Wah ! J’entends le cœur de ma maîtresse battre. Elle en a un comme le mien. Je ne m’en rends jamais vraiment compte, sauf dans ces moments-là.
Je ne suis pas bien contre son dos. Je veux être sur ses jambes.
- Garouk…
Je sais qu’Émilie s’impatiente et qu’elle veut dormir, mais moi je veux dormir avec elle, alors je m’installe. Je ronronne sur ses jambes. Tout devient tranquille sauf les voisins d’en haut, mais au bout de quelques minutes, Émilie recommence à déplacer ses jambes, puis ses bras.
- Tu ne t’arrêtes jamais, je me plais en me levant et en sautant en bas du lit. Je comprends pourquoi Éric dis que tu es un paquet de nerfs, Émilie !
Je m’éloigne, la tête haute. Je devrais le savoir, depuis le temps que je vis avec elle….et pourtant…. Je reviens chaque fois.
Et Émilie dans tout ça ? Elle me laisse faire chaque fois aussi. Je crois qu’elle m’aime bien finalement. Pas autant que moi, c’est évident. Mais quand même.
26 mars 2011
Le nouveau mur
Je ne sais pas pourquoi, Éric et Émilie s’enferment, quand il fait noir. Moi, quand il fait noir, je me réveille. C’est à ce moment que mon estomac crie famine et que je miaule pour avoir de la nourriture. Mais une fois la nourriture donnée, les portes se ferment et les murs se prolongent. Au loin, j’entends les murmures d’Éric, les réponses d’Émilie, puis peu à peu, les bruits s’estompent et le calme tombe.
Athéna regarde par la fenêtre, derrière les stores. Je vois son ombre auréolée par le réverbère dehors. À ces heures-là, parfois, il y a d’autres chats, comme nous, qui sortent. Eux, ils n’ont pas peur comme moi des camions qui se promènent le soir. Moi j’en suis terrifiée. Surtout quand il y a des morceaux d’étoile qui tombent du ciel. Alors là, on dirait qu’il y a encore plus de camions qui sortent pour chasser… Ça doit être parce qu’ils mangent de la neige, comme Émilie appelle les morceaux d’étoile.
Quoi qu’il en soit, le soir, Éric et Émilie se barricadent. Moi je veux bien, sauf qu’au bout d’un moment à somnoler, à me promener, à roucouler pas trop fort, je trouve ça long. Alors je me dirige bon gré mal gré vers leurs chambres et j’écoute. La respiration de mon maître est beaucoup plus forte que celle de ma petite maîtresse, mais je crois que c’est elle qui gigote le plus. C’est dans ces moments-là que je m’ennuie le plus d’eux. Et alors, je ne peux pas me contrôler, il faut que je les voie pour me frotter le nez sur eux en ronronnant. J’adore roucouler et sentir leurs mains sur mon cou, rien qu’à y penser, mes pattes se mettent à tambouriner sur la porte de leur chambre.
Zut ! Ils n’entendent pas. Bon… Je fais demi-tour, je fais quelques pas, j’attends. Émilie se retourne dans le lit. Éric soupire. Ils sont réveillés ! J’attends qu’ils se lèvent, mais ils ne viennent pas. Au contraire, leur respiration ralentit à nouveau.
- Non, non, non… Je veux vous voir, je miaule en posant mes deux pattes sur la porte et en y jouant du tambour. Ne vous endormez pas, moi j’vous aime !
Rah la la… Je les entends se lever en vitesse, saisir une bouteille d’eau… Une bouteille d’eau !? Il n’est pas question que j’écope. J’ai déjà goûté à cette médecine-là ! À la dernière seconde, alors que la porte de leur chambre s’ouvre, je m’enfuie à toute patte.
- J’suis heureuse de vous voir !
Apparemment, la joie n’est pas partagée.
- Garouk ! C’est la dernière fois !
- Bein oui, vous dîtes toujours ça, je réponds en rigolant.
Erreur fatale.
Vivement, ils m’attrapent, me houspillent, me punissent et puis, sans autre forme de procès, ils procèdent à ma mise en cage.
Je passe le reste de la nuit dans la cage, malheureuse, pendant qu’Athéna dort tranquillement sur le divan en ronronnant je te l’avais dit. Quelle plaie celle-là, je pense en l’enviant. Puis avec le temps, mes paupières s’alourdissent et je m’endors jusqu’à ce que la porte de la chambre d’Éric et Émilie s’ouvre.
L’air coupable, Émilie ouvre ma cage. En l’observant comme il faut et en les écoutant, je comprends que je ne serai pas enfermée de nouveau dans la cage.
- C’est trop cruel, proteste ma maîtresse.
- C’est vrai, je fais en me frottant la tête sur ses chevilles.
- Sauf qu’il va falloir trouver une solution, je n’en peux plus de me faire réveiller par Garouk, argumente Éric en avalant son déjeuner.
- Moi non plus, souffle Émilie.
- Je vais être calme…
- Tu n’es pas capable d’être calme et de les laisser tranquille, rouspète Athéna en s’approchant de moi pour me lécher la tête.
- Tu vas voir, je réplique en m’éloignant de sa langue râpeuse.
La journée passe vite, à dormir. La soirée aussi. Je ne vois pas le temps passé. Sauf que lorsque mes maîtres s’apprêtent à s’enfermer dans leur chambre, ils ont des airs suspects. Je m’approche, mais Émilie me barre la route. Sans hésitation, elle place devant moi, au début du couloir qui mène aux chambres. Elle se place devant moi la tour à DVD, puis une autre, plus haute celle-là. Devant moi, il y a un mur et je sais que je ne pourrai pas le franchir.
C’est ainsi que j’ai compris qu’Éric et Émilie ne m’aimaient plus.
La nuit en tout cas.
Depuis ce temps, avec Athéna, on songe à un moyen de sauter par-dessus le mur pour tenter d’aller dans le corridor interdit la nuit.
21 mars 2011
Une morsure de chat
Ça s’est passé il y a quelque temps. C’était avant mon mariage. Il ne restait que quelques jours et Athéna, ma chatte, venait d’être malade. Je la peignais en espérant que cela l’aiderait à ne pas faire de boule de poils et redevenir malade. Ce faisant, Athéna mordait le peigne que je tenais dans la main avec entrain. Alors que je ne la regardais pas, tout en continuant à la peigner, j’ai senti une douleur aiguë au doigt. En hurlant, j’ai retiré ma main. Athéna m’avait mordue et j’avais l’impression que le sang affluait. Moi qui ai une peur maladive des blessures et du sang, j’étais servie ! Après une dispute dans les règles de l’art avec Éric, après avoir crié sur Athéna et m’être lavé et désinfecté les mains, la douleur était toujours intense.
J’avais déjà entendu dire qu’une morsure de chat pouvait être dangereuse. Mon oncle avait contracté une maladie en se faisant griffer par son chat. Alors, pour être certaine, et parce que je suis paranoïaque, j’ai appelé Info-Santé pour savoir si se faire mordre par un chat était dangereux. La réponse est oui. Étant donné que la morsure était profonde (les dents Athéna avaient traversé mon doigt d’un bord à l’autre, pratiquement), il était préférable que j’aie un rappel du vaccin contre le tétanos et un antibiotique prescrit, au cas où il y aurait infection. Paniquée, j’ai insisté auprès d’Éric afin que nous allions à l’hôpital.
- Info-Santé m’a recommandé d’aller à l’hôpital, ai-je dit à l’infirmière qui accueillait les visiteurs en expliquant mon histoire.
- Ils disent toujours de se rendre à l’hôpital, répondit l’infirmière d’un ton cynique, en riant presque. Le personnel d’Info-Santé devrait être ici…
Je fus abasourdie. Je suis d’accord. Il y a des problèmes avec le système de santé. Mais le fait que j’étais à l’hôpital n’était pas injustifié, comme le prouva la suite de mon histoire. Quoi qu’il en soit, cette femme, désabusée, ne me fit pas bonne impression. Elle m’indiqua ensuite d’attendre mon tour afin que je sois vue au triage.
On appela mon nom quelques minutes plus tard. Un homme, un infirmier, observa mon doigt sans rien dire. Il prit ma pression, ma température et dit que j’aurais probablement besoin d’antibiotiques et d’un vaccin contre le tétanos. « Génial, ai-je pensé ! Moi qui adore les vaccins… ». Mon copain demanda combien de temps cela prendrait avant que je sois vue.
- Plusieurs heures.
- Avant demain matin ?
- Ce n’est pas certain.
Nous repartîmes presque aussitôt. Je travaillais le lendemain et je n’avais pas envie d’être fatiguée en plus d’avoir mal au doigt. Le lendemain, mon doigt était plus rouge, plus gros aussi. J’étais inquiète, mais j’allai tout de même au travail. Après tout, ce n’était qu’un doigt. Mais plus la journée avançait, plus mon doigt élançait, plus il bleuissait et plus il grossissait. Le pansement que j’avais mis sur mon doigt me coupait à présent la circulation sanguine. Après le dîner, inquiète et n’y tenant plus, j’informai mes collègues que j’allais chez le médecin. Elles savaient ce que j’avais et m’encouragèrent à y aller pour être certaine.
À la clinique, il y avait un service de sans rendez-vous. Je m’y présentai et attendis patiemment mon tour, en pleurs et inquiète. Enfin, on m’appela au triage. L’infirmière observa mon doigt et mentionna que j’aurais dû venir plus tôt. Elle précisa que je pouvais perdre un membre si l’infection se répandait et que j’étais chanceuse que ça ne se soit pas pire.
Une demi-heure plus tard, le médecin me reçut, m’administra le vaccin et me prescrivit les antibiotiques requis. Malgré un petit étourdissement dû au vaccin (je suis une chochotte !!), je fus soulagée. Cependant, le médecin m’avertit, avant de me laisser partir :
- Si l’infection ne diminue pas d’ici 24 heures, revenez immédiatement.
Ce furent de très longues heures, mais je remarquai peu à peu une amélioration de l’état de mon doigt qui put bientôt plier sans que j’eus l’impression que mon bout de doigt était énorme, disproportionné par rapport au reste de ma phalange.
Il n’y a pas beaucoup de gens qui le savent, mais je vais vous dire ce que j’ai appris de cette mésaventure : si vous vous faites mordre au sang par quoi que ce soit, un chat, un chien ou même un humain, n’hésitez pas : allez dans une clinique pour vous faire soigner. C’est très important, car les dents sont porteuses de nombreuses bactéries. Le personnel médical a été on ne peut plus clair : la morsure de chat est la pire morsure possible, suivie de près par celle de…l’humain !
Soyez prudent !



