Ça fait un moment que je le connais. Sept ans, en fait. Je me souviens parfaitement de ma première impression. Il n’était pas en face de moi, il était prétentieux. Ce n’était qu’un courriel, mais je sais que je l’avais trouvé culotté de s’adresser à moi - à nous - ainsi. Puis j’ai appris à le connaître. Nous avons échangé des mots, nous nous sommes dit “je t’aime”. Nous étions fous. Nous le sommes encore.
C’est un soir qu’il est venu me voir en personne pour la première fois. Le soleil n’était pas très haut, parce qu’il s’apprêtait à se coucher. Sa silhouette s’est présentée à moi en premier. Il n’était pas énorme, plutôt moyen avec des cheveux sombres, longs et un visage dont je me suis toujours souvenu. Je lui ai ouvert la porte de l’automobile, il est monté. Pendant tout le trajet, nous n’avons pas parlé. Ou en tout cas, je ne m’en souviens pas.
Arrivé chez moi, je l’ai emmené dans la chambre de mes frères. Un endroit neutre. Lui sur un lit, moi sur un autre. Puis ma bouche s’est ouverte, a débité tant de mots, tant de paroles… Je n’ai jamais autant parlé que cette soirée-là, tandis qu’il m’observait de ses beaux yeux bruns qui n’allaient plus jamais me quitter. On aurait dit que je voulais qu’il connaisse tout. Mais on ne peut pas tout dire en un soir…
Je ne me souviens plus du moment où nos lèvres se sont rencontrées pour la première fois. Je sais seulement qu’il me l’avait demandé. Encore aujourd’hui, ça me fait rire, parce que j’avais si peur de ne pas savoir comment. En réalité, nous ne savions peut-être pas… Mais ce moment reste dans ma tête une douce réminescence.
La suite… elle n’est pas importante. Vous la connaissez un peu, en fait. Je suis avec lui, à nouveau, depuis un mois maintenant. Il a le même regard qui m’avait autrefois hypnotisé, sauf que cette fois-ci je n’ai pas peur de m’y noyer. Toute la beauté du monde, elle est là, dans son regard tendre et expressif. Elle est aussi dans son sourire, dans ses lèvres retroussées que j’aime tant embrasser. Puis il y a son sens de l’humour, son côté avenant…quand je vous dit que j’ai le meilleur amoureux du monde, c’est vrai. C’est le mien, ma moitié. (Ça fait quétaine, dit comme ça, hein?) Mais non, c’est lui que je veux, que j’ai toujours voulu dans mes rêves. Hier il me demandait comment je l’aimais. Et bien je t’aime comme ça, Éric. Je ne te fais pas de promesse, comme tu ne m’en fais jamais, mais ce que je veux te dire, c’est que ta place dans mon coeur, elle est là pour rester… Tu es mon ami et mon amour. Je ne veux pas que ça change. Jamais. On verra bien ce qui va arriver, mais moi j’ai confiance que nous puissions vaincre toutes les difficultés avec un peu d’humour et de négociations. C’est pour ça que parfois, je me surprends à nous imaginer, vieux et séniles, main dans la main, encore amoureux…
(Euh…ouain, ce n’est pas très romantique comme image, hein? J’ai fait exprès! ;))