18 mai 2007

Première journée

Elle le regardait en souriant. Ça faisait un moment qu’ils ne s’étaient pas vus et pourtant, c’était tout comme hier. À quelques détails près. Il avait muri. Ça se voyait dans son visage, dans ses yeux. Elle, elle savait enfin de ce qu’elle voulait. Assise tout près de lui, elle s’efforçait de ne pas cacher son trouble. Était-ce possible que..? Elle fit taire les émotions naissantes, se releva en s’efforçant de ne pas le serrer dans ses bras. Qu’aurait-il pensé en la voyant se jeter ainsi sur son corps? Qu’elle voulait l’agresser, sûrement! Elle eut un rire qu’elle éclipsa d’un geste de la tête. Il l’observait, un point d’interrogation dans les yeux. Elle se mordit les lèvres, se contenta d’un sourire malicieux. Elle le suivait sans penser à rien, parce que toutes ses idées s’anihilaient lorsqu’elle croisait ce regard qu’elle connaissait trop bien.
Elle avait prévu les pires scénarios. Pourtant, rien de ce qu’elle avait redouté ne se produisait. Il était charmant. Elle s’amusait comme une enfant, sans crainte. Elle le laissait parler, la taquiner et lui répondait parfois, mi-sourire, mi-sérieuse, qu’il était méchant. Mais non, il ne l’était pas. Elle ne lui en voulait pas de la faire se tromper, de la faire tomber dans les filets d’une émotion qu’elle s’était promis de ne pas approcher de trop près.
Tant pis, elle se brûlerait! Elle ne pensait plus. Elle était, tout simplement. Et c’était ce qui était spécial avec lui. Il ne lui faisait pas peur. Elle voyait ses bras, son regard et elle savait que peu importe ce qui arriverait, ça allait en valoir la peine. S’il fallait qu’elle souffre, alors elle souffrirait. N’importe quoi pour revoir ce visage. N’importe quoi pour entendre cette voix et ce rire, si contagieux.
La journée prit fin, ainsi qu’elle avait commencée. Aussi douce que le miel. Son coeur battait la chamade et c’est en se rappelant son visage et les émotions que ce garçon suscitait en elle qu’elle tenta de trouver le sommeil. Il ne vint pas rapidement. Se pouvait-il que?…
Elle aurait pu tergiverser, comme à son habitude. Elle aurait pu attendre qu’il l’appelle. N’était-ce pas une règle, d’attendre quelques jours avant de rappeler un être qui nous intéressait? Oh et puis…de la merde, oui, se dit-elle en soulevant le combiné. Je l’appelle, je l’invite.” Elle ne pensait à rien, à rien. Ils parlèrent et elle finit par le faire, par lui dire. “Peux-tu venir chez moi?”… Il dit oui.
Quand elle raccrocha, son coeur palpitait. Son corps froid tremblait davantage. Qu’avait-elle fait? Mais elle ne pouvait s’empêcher de se rappeler ce visage, ces yeux, ces lèvres qui l’attiraient tant.
- Je suis tellement idiote, murmura-t-elle en jetant un oeil au-dehors. Faites qu’il m’aime.
Elle s’affala sur le divan, la tête entre les mains, un sourire sur les lèvres.
Le bonheur
By Émilie on May 11, 2007 11:24 AM | Permalink | Comments (0)
Un chat au pelage aussi doux que la soie près de mes doigts. Elle se roule, me fait les yeux doux en ronronnant. Sa tête heurte les touches de mon clavier et je souris, parce qu’elle écrit. Ma main se perd dans son cou, sur ses oreilles et contre sa petite tête qu’elle relève pour se lécher les pattes. Par la fenêtre, les nuages laissent entrer un rayon de soleil diffus. C’est un clin d’oeil à tous les éclopés de la vie, à toutes les personnes qui se lèvent et qui se disent que rien n’est beau. Moi je pense que rien n’est parfait, surtout. Mais la perfection n’est pas nécessaire. Un sourire étire mes lèvres en repensant à Lui. Le chat miaule, jaloux, car mes doigts se sont arrêtés de le caresser pour écrire ces mots, muent par l’impulsion, mue par la joie… Je ne peux pas le dire autrement, ce sentiment d’être, tout simplement. Je suis bien.
Il y en a qui disent que le bonheur ne s’écrit pas, qu’il est plat… C’est peut-être vrai, parce qu’il donne le goût de vivre… Je n’ai rien à dire de spécial. Tout ne va pas bien, mais mes angoisses sont encore loin et je ne veux pas les ramener près de moi, de toute façon… Faites que ça reste ainsi, pour un temps encore!