J’imagine..
Il fait soleil dehors. Les masses croulent sous la chaleur, suffoquent en marmonnant qu’ils aimeraient mieux être à l’intérieur, sous l’air climatisé. Moi je suis dans une salle de cours et la ventilation ne fait pas défaut. Il fait même plutôt froid. Sauf que je vois les arbres se balancer mollement dehors, le vent agitant leurs feuilles et leurs branches. Le ciel est bleu, les nuages s’y promènent grassement. Bien sûr, j’apprends. Je ne fais pas que rêvasser! Quoique…ayant déjà fini tous mes exercices, ayant révisé chaque question, je ne sais plus trop quoi faire pour passer le temps.
Je ne vais pas à l’école normale, vous voyez. Je suis en enseignement individualisé. Je peux aller à mon rythme sauf que…non. Si je finis le cours trop rapidement (ce que je fais trop souvent), je dois attendre d’atteindre 75% du temps sous peine d’être pénalisée. Loin de moi l’idée de me plaindre, sauf que j’aimerais au moins qu’on m’autorise à rêvasser quand tout est fini.
J’aimerais bien me promener dehors, moi. Suer, être fatiguée. J’aimerais profiter des rayons du soleil, du chant des oiseaux, du bruissement des herbes. Il y a tant de gens qui m’inspirent. Ils travaillent à l’extérieur, contre toute attente, courageux face aux 30 degrés qu’il fait à l’ombre.
Les rayons du soleil les agacent, les taquinent, les suivent alors qu’ils tentent de trouver, à chaque temps mort, un endroit où s’abriter. Mais il n’y en a plus!
Certains rêvent d’une piscine où ils pourraient plonger ou encore d’un lac près duquel ils pourraient lire et profiter de la brise.
Bon, ce n’est pas mon cas, n’en faisons pas un plat! Après tout, il y a bien des gens qui travaillent au lieu de traînasser sous l’été.
Oui, mais eux ils sont payés, ils pourront, après leur travail, goûter la satisfaction du devoir accompli, tout en savourant un verre (d’alcool ou pas) et en préparant leur repas du soir. Je ne peux même pas prétendre accomplir quelque chose, puisque je suis là, à attendre que les secondes s’égrènent parce que j’ai tout fait!
Mais patience…tu feras ça tout l’été!
Il faut dire que je ne déteste pas tant que ça l’idée d’être enfermée la majorité de la journée. Après tout, j’apprends. Normalement en tout cas. Et puis je suis au frais. Tant de gens se plaignent que leur lieu de travail n’est pas climatisé de façon adéquate. Je suis chanceuse. Les oiseaux, les gens qui travaillent, qui marchent, qui courent, je les verrai vers la fin de la journée. La cloche sonne à quatre heures, ce n’est pas tard.
Quand il fera très chaud, en retournant chez moi, j’observerai l’air dégoulinant de sueur et d’humidité en me félicitant d’avoir continué à étudier l’été. Je passerai tout près d’un parc pour me désaltérer et laisser couler sur ma peau l’eau glaciale des jets d’eau, puis je reprendrai ma marche en savourant l’odeur et les couleurs des fleurs placées sur ma route.
Décidément, je ne regrette rien.
Quelle belle saison que l’été!