Nos fidèles félins, Athéna et Garouk, sont à leur poste, près de la porte que leur chère maîtresse, Émilie, leur a laissé ouverte. Athéna est debout et sur le point de franchir le pas de la porte. Garouk, elle, semble hésitante.
- Athéna?
- Quoi?
- J’ai peur.
- De quoi?
- De dehors…
- Pourquoi?
- Bein il y a plein de sons inquiétants!
Et Athéna de s’esclaffer en franchissant finalement le pas de la porte.
- Tu es tellement peureuse, Garouk! Tu as même peur des oiseaux que tu veux pourtant chasser quand t’es à l’intérieur de la maison! Tu n’as aucune cohérence féline!
Plein de grâce, Athéna s’éloigne, la tête haute. Émilie est assise sur la balançoire au soleil, tout près du grand arbre qui lui fait des dessins sur le visage et puis des oiseaux qui voltigent tout autour.
- Athéna, sussure Émilie, viens ma belle minoune!
Athéna s’avance. Un peu plus loin, Garouk observe avec envie sa soeur. Elle aimerait bien être dehors elle aussi, mais tous les sons lui font si peur…
- En plus il y a un monstre dehors, dit Garouk pour attirer l’attention. Tu sais, tu ferais mieux de faire attention!
Athéna se tourne vers Garouk :
- Tu dis n’importe quoi. Je n’ai peur de rien moi!
- Garouk, tu viens dehors, demande alors Émilie?
- Non…non, sans façon, répond spontanément Garouk. Je…j’aime mieux rester en-dedans!
Athéna ricane. Émilie est déçue : elle voulait faire plaisir à ses deux chats en ouvrant la porte.
Tout à coup, le bruit soudain d’un moteur déchire l’air : un autobus. Aussitôt, effrayée, Garouk s’éloigne de la porte et Athéna, contaminée par la panique peut-être, ou tout simplement aussi peureuse que sa soeur, retourne à l’intérieur à toute vitesse.
- Hahahaha! Madame qui n’a peur de rien s’est enfuie, crie Garouk remit de sa frayeur.
- Ferme-la, marmonne Athéna en sautant sur sa soeur.
- Non, jamais, ricane Garouk en la mordant.
Émilie entre dans la maison, voit ses deux minounes en train de se battre et s’esclaffe :
- Vous êtes trop mignonne mes deux petites peureuses!
DING DONG!
- AAAAAAAAAAAAHHHHH, hurle Émilie.
- Bonjours mes trois petites peureuses, s’exclame Éric en montrant fièrement le doigt avec lequel il a appuyé sur la sonnette. Je suis de retour!