19 septembre 2008

Princess Tutu

Je ne peux que recommander cet animé à ceux qui aiment les shojos, l’humour, les personnages attachants et…les effets d’histoire ( c’est-à-dire les mises en abymes). J’ai rarement été aussi fascinée et charmée par une série télévisée. La trame sonore est celle des grands ballets, en particulier celui du Lac des Cygnes de Tchaikovsky. La trame narrative est d’ailleurs assez semblable à celle ce ce ballet, d’une certaine manière… Mais elle a des tournures qui choquent, qui touchent et qui donnent espoir. J’ai beaucoup songé suite à l’écoute de Princess Tutu, car c’est une histoire qui laisse réfléchir et qui reste ouverte…contre notre gré, d’une certaine manière.
Le personnage principal est une princesse au départ : Ahiru. Ou peut-être un canard, Ahiru. Elle est en tout cas la plus humaine des personnages et ça la rend d’autant plus touchante puisqu’elle désire tellement être humaine — ce que l’auteur ne veut lui accorder. Car l’auteur a plus d’importance, dans cette série animée, que dans n’importe quelle autre oeuvre. Princess Tutu est un personnage tourmenté par ses émotions, mais aussi par l’homme qui l’a créée et invitée à se joindre à l’histoire. Ce qu’elle deviendra est un des enjeux principal de l’oeuvre, mais ce n’est pas le seul. La question identitaire est extrèmement présente dans Princess Tutu. La place qui est donnée, le rôle qui est donné…rien n’est simple ni définitif et les doutes restent là du début à la fin.
Les autres personnages : Rue, Mythos, Fakir, Edel, Drosselmeyer sont tout aussi importants. Tout aussi frustrants. Car ce qui ressort de la série, c’est la frustration, l’émotion, la peine et l’attachement que l’on ressent tour à tour pour chacun des personnages. Et Drosselmeyer, digne d’un Kefka, parfaitement méchant, parfaitement ludique dans son délire démoniaque, nous donnera envie de le détester plus encore que n’importe quel méchant connu puisqu’il n’est pas seulement cruel avec sa victime, mais avec son public : nous.
La série est belle. Magnifique. Les dessins sont beaux, fluides… Tellement qu’ils nous poussent à nous attacher aux personnages. Aux décors. Ce qui est d’autant plus frustrant que l’on sait qu’ils vont nous faire vivre les émotions d’autant plus fortement si c’est le cas. La tragédie voulue par Drosselmeyer est alors vécue à fond par le spectateur qui se laisse bercer, comme une marionette, par les actes déjà écrits et décidés…où le sont-ils vraiment?